Ce numéro de « Sociétés & Représentations » s’attachera à saisir ce qui fait la contemporanéité d’un intérêt pour cette thématique et pour les expériences vécues par les personnes judiciarisées. Il s’agit d’envisager de quelles manières les artistes (arts visuels, bande dessinée, cinéma, photographie, littérature, séries télévisées…) autant que les chercheuses et chercheurs de toutes disciplines se saisissent de ces enjeux de façon autobiographique, documentaire, savante ou fictionnelle. S’agit-il d’infléchir certains récits dominants dans la culture populaire ou le débat public ? Ces productions choisissent-elles de créer ou d’embrasser de nouveaux topoï représentationnels concernant les parcours de détention ?
Argumentaire
Une actualité éditoriale, curatoriale, artistique et scientifique tend à considérer l’importance et la singularité des imaginaires carcéraux féminins. Après une période de relative invisibilisation de ces questions, un ensemble de manifestations récentes permet d’observer un regain d’intérêt pour les représentations et les imaginaires associés aux conditions carcérales des femmes. Depuis les sciences sociales jusqu’aux arts et aux lettres, les formes en sont multiples et signalent également une possible transformation des imaginaires collectifs contemporains attachés aux prisons de femmes, ainsi qu’aux espaces de privation de liberté féminine en général.
Cette actualité est également perceptible à travers le succès populaire des productions d’exploitation récentes (séries télévisées, cinéma, comics) déclinant à l’envi le thème des imaginaires carcéraux féminins en écho aux productions WIP (Women In Prison) états-uniennes et italiennes, dont le succès a marqué les années 1970-1980.
De fait, ce numéro de Sociétés & Représentations s’attachera à saisir ce qui fait la contemporanéité d’un intérêt pour cette thématique et pour les expériences vécues par les personnes judiciarisées. Il s’agit d’envisager de quelles manières les artistes (arts visuels, bande dessinée, cinéma, photographie, littérature, séries télévisées…) autant que les chercheuses et chercheurs de toutes disciplines se saisissent de ces enjeux de façon autobiographique, documentaire, savante ou fictionnelle. S’agit-il d’infléchir certains récits dominants dans la culture populaire ou le débat public ? Ces productions choisissent-elles de créer ou d’embrasser de nouveaux topoï représentationnels concernant les parcours de détention ? Comment ces récits inédits sont-ils autant de manières de rendre manifeste une lutte politique ou des parcours de vie marqués par des dominations structurelles ? De quelle façon les manières de raconter, de dire ou de montrer peuvent-elles accompagner la réflexion mise en œuvre autour de la patrimonialisation de sites chargés d’histoires d’incarcérations ?
Ce numéro de Sociétés & Représentations s’attachera à identifier ce qui fait la particularité des représentations d’espaces carcéraux et d’expériences de privation de liberté dites « féminines » dans une perspective transhistorique et transnationale, à partir d’imaginaires construits autant que d’éléments factuels, sur la base des axes ci-dessous.
Lien vers l’appel à contributions complet: https://journals.openedition.org/socrep/4187
Deadline pour l’envoi des propositions: 15 octobre 2026
