L’actualité de l’histoire de l’art est marquée cette année par l’élection au Collège de France de la professeure Diane Bodart, qui occupera la chaire statutaire « Histoire des arts dans l’Europe de la première modernité ». La création de cette chaire est un événement significatif et bienvenu en ce qu’elle confirme la place de l’histoire de l’art parmi les enseignements permanents de la prestigieuse institution après quatorze ans d’absence.
La leçon inaugurale, intitulée « Les routes de l’image » et qui aura lieu le 25 mars 2027 à 18h à l’amphithéâtre Marguerite de Navarre, marquera le point de départ d’un enseignement résolument tourné vers la recherche la plus actuelle. Ainsi, l’analyse approfondie des arts figuratifs au sein de l’Europe du XVe au XVIIe siècle sera l’occasion d’interroger les catégories mêmes de la discipline, marquée par un élargissement méthodologique quant à ses objets (de la catégorie « œuvre d’art » à l’expression plus large de « culture visuelle »), ses délimitations géographiques (le décentrement de l’Europe au sein d’une histoire globalisée), ou chronologiques (une période charnière qui, ayant construit sa singularité à partir d’une conscience complexe de son passé, a tracé les premières lignes d’une modernité qui nous occupe encore aujourd’hui). La chaire mettra ces réorientations à l’épreuve des méthodes propres à la discipline : les protocoles d’enquête (campagne de restauration, travail d’archives, méthode comparative), les cadres d’analyse (matériel, iconographique, stylistique) ou encore les mécanismes discursifs eux-mêmes (entre description et interprétation) seront autant d’outils visant à maintenir, à l’heure où une inflation inédite des images s’est bruyamment emparée de notre attention, une approche rigoureuse, voire une éthique, du regard.
Dans cette perspective, la professeure Diane Bodart consacrera la première année de son enseignement à la thématique du reflet dans la peinture européenne, de van Eyck à Caravage. Par l’analyse de ce détail fascinant qui opère une mise en abyme spéculaire, le cours propose de découvrir l’envers de la représentation, tant du point de vue de la composition des œuvres et de leur médialité, que de la conception picturale propre à un artiste et à un contexte culturel déterminé. L’enquête arpentera les chemins de l’Europe, du début du XVe siècle à l’aube du XVIIe, pour analyser comment le détail du reflet travaille la création picturale tant par sa facture que par son invention, et en enregistre, tel un sismographe, les moments de transition si ce n’est de révolution. La professeure Diane Bodart souhaite partager sa « recherche en train de se faire » avec les étudiant.e.s d’histoire de l’art en les invitant à suivre chaque semaine ses cours et séminaires. Le cours, qui consistera en une suite de leçons magistrales et dont le titre général est « Une histoire spéculaire de la peinture », se déroulera chaque mardi de 10h à 12h (exceptionnellement de 14h30 à 16h30 pour la première séance), du 30 mars au 18 mai 2027. Le séminaire, qui accueillera des intervenant.e.s extérieur.e.s et aura pour thématique les « Matérialités du reflet pictural », aura lieu quant à lui le mercredi de 10h à 12h, du 31 mars au 19 mai 2027.
L’appel s’adresse à tout.e étudiant.e, de la licence au doctorat, témoignant d’un intérêt autant pour la pratique que pour la théorie dans l’histoire de l’art. Afin de prévoir un nombre de places réservées, merci de contacter – le plus tôt possible – le service de la chaire et de préciser : le type d’enseignement que vous comptez suivre (cours, séminaire, ou les deux), votre niveau d’étude (licence, master, doctorat) ainsi que l’établissement dans lequel vous êtes inscrit. Une attestation de présence pourra vous être remise à l’issue de l’enseignement, sous condition d’assiduité à l’ensemble du cycle, merci donc d’en formuler explicitement le souhait.
Les demandes doivent s’effectuer à l’adresse suivante :
