« La décolonisation de l’art ukrainien est-elle un moyen de redéfinir l’identité culturelle du pays ? » – Jeudi 26 février 2026

« La décolonisation de l’art ukrainien est-elle un moyen de redéfinir l’identité culturelle du pays ? »

JEUDI 26 FÉVRIER 2026
à l’INHA, salle Vasari, de 18h30 à 20h
Pour rappel, tous les derniers jeudis du mois l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) invite des historiennes et historiens de l’art à débattre en se donnant la liberté de la sélection des sujets au fil de l’eau pour coller à l’actualité la plus récente.

Programmation : Anne-Gaëlle Plumejeau
En partenariat avec le journal Libération
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À propos de la séance

« La décolonisation de l’art ukrainien est-elle un moyen de redéfinir l’identité culturelle du pays ? »

Dans le cadre de la Saison ukrainienne « Le voyage en Ukraine », et à l’approche de la date anniversaire des 4 ans de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, la question de la reconnaissance et de la reconfiguration historiographique de l’art ukrainien est plus que jamais toujours d’actualité. Comment interroger les cadres narratifs hérités de l’hégémonie culturelle russe et les mécanismes par lesquels certains corpus artistiques ont été marginalisés ou appropriés ? Comment penser un processus de décolonisation artistique qui permette l’affirmation d’une autonomie esthétique et symbolique, sans reconduire les logiques essentialistes ou nationalistes qu’il s’agirait précisément de dépasser ? Par quels moyens le monde de la culture ukrainien et les artistes continuent de se mobiliser pour prôner un art indépendant dans une démarche citoyenne et de résistance ?

En partenariat avec l’Institut ukrainien en France
Manifestation organisée dans le cadre du « Voyage en Ukraine », Saison de l’Ukraine en France (décembre 2025mars 2026)
Intervenants
Nadiia Bernard-Kovalchuk (Sorbonne Université), Nicolas Liucci-Goutnikov (Bibliothèque Kandinsky, MNAM / Centre Pompidou), Kristina Solomoukha (artiste, ENSAD)

Nadiia Bernard-Kovalchuk © Daria Svertilova/Kristina Solomoukha © Béryl Libault/Nicolas Liucci-Goutnikov © DR


À propos de 
Nadiia Bernard-Kovalchuk

Nadiia Bernard-Kovalchuk est historienne de l’art, doctorante à Sorbonne Université (Centre André-Chastel, UMR 8150) et chercheuse au Museum of the Kharkiv School of Photography (MOKSOP) depuis 2018. Née à Kyïv, elle a étudié à l’Académie Mohyla de Kyïv, à l’École du Louvre puis à Sorbonne Université. Elle est l’autrice de L’école de photographie de Kharkiv : un jeu contre l’appareil (en ukrainien, Kharkiv, MOKSOP, 2020) et publie sur la photographie et l’art non officiel en Ukraine soviétique (Histoire de l’art, Umění, e-flux Notes). Récemment, elle a collaboré à la série documentaire ARTE Kharkiv, capitale de la photo rebelle (2024) en tant que consultante scientifique et co-scénariste. Sa recherche doctorale explore les sources, projets et réseaux de l’art conceptuel à Odessa (1982–1991).

À propos de Kristina Solomoukha

Née à Kyiv en 1971, Kristina Solomoukha est artiste plasticienne, professeure à l’Ensad et chercheure au sein d’EnsadLab. Formée en Ukraine puis à Paris, elle développe une pratique d’enquête déployée dans différents contextes internationaux. Son travail met en tension des situations locales et des cadres transnationaux, en interrogeant les récits hégémoniques, les mécanismes d’appropriation culturelle et les formes d’effacement symbolique. À partir d’expériences situées, notamment en Ukraine, elle explore les processus de décolonisation artistique comme un travail critique sur la mémoire, la langue et les cadres historiographiques hérités des empires, afin de penser l’autonomie esthétique sans reconduire les logiques de domination.

À propos de Nicolas Liucci-Goutnikov

Nicolas Liucci-Goutnikov est conservateur au Musée national d’art moderne où il dirige la Bibliothèque Kandinsky, centre de recherche du Centre Pompidou. Il a réalisé de nombreuses expositions de recherche déployées au sein de la collection permanente, notamment Politiques de l’art (2016) ou Histoire(s) d’une collection (2018). Il a été le commissaire de diverses expositions temporaires – Haegue Yang. Lingering Nous (2016), KOLLEKTSIA! Art contemporain en URSS et en Russie (2016), Daniel Buren. Projections/Retroprojections. Travaux in situ (2017), Jean-Jacques Lebel. L’Outrepasseur (2018), Isidore Isou (2019), Rouge. Art et utopie au pays des Soviets (2019), James Coleman (2021), Hahaha. L’humour de l’art (2021), Leon Ferrari, L’aimable cruauté (2022), Over the Rainbow. Autres histoires de la sexualité dans la collection du Centre Pompidou (2023 – et a supervisé différents programmes de recherche au musée.

Modération

Clémentine Mercier (Libération)

D’abord iconographe au sein du journal Libération, puis cheffe adjointe du service photo, Clémentine Mercier est passée à la rédaction en 2015. Journaliste au service Culture, elle écrit principalement sur la photographie et les arts plastiques à travers des reportages, des interviews, des portraits, des enquêtes et des sujets thématiques. Formée en histoire et en littérature, elle est diplômée de Sciences-Po. Elle enseigne en médiation culturelle et interprétation de l’art contemporain en master à la Sorbonne Paris-3. Lauréate du prix AICA France 2024, elle a obtenu le prix Cafeyn du meilleur article culture en 2025.

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