Quelle histoire de l’art pour les expositions immersives ? – « Les Débats de l’INHA » – Jeudi 26 mars 2026

Depuis quelques années, les expositions immersives essaiment dans le monde entier et rencontrent un grand succès. Parfois présentées comme des spectacles multimédias, elles recourent aux technologies numériques pour proposer un format de visite qui rompt avec les accrochages traditionnels. D’abord développées dans le secteur du divertissement culturel privé, ces manifestations se multiplient désormais dans les institutions publiques, à l’image du Musée national de la Marine, du Musée d’Orsay ou du Musée national Picasso-Paris. Loin d’être inédit, le dispositif immersif s’inscrit dans une longue histoire de l’art et réactive des pratiques plus anciennes, fondées sur la reconstitution illusionniste et la mobilisation physique du visiteur. Dès le XIXᵉ siècle, les dioramas et le proto-cinéma forain engageaient le corps du spectateur, qui se déplaçait librement et observait en déambulation, à l’image des enfants qui courent ou s’allongent aujourd’hui dans les expositions immersives. Tout en retraçant cette généalogie, ce débat propose d’interroger les « promesses et limites de l’immersion » (Jessica de Bideran, Antoine Roland, 2021) dans le contexte muséal contemporain : risque de dénaturation des œuvres d’art, ambition de transmission des savoirs, saturation sensorielle, affaiblissement du sens critique…

Intervenants
Agnès Abastado (Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie), Jérôme Glicenstein (université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), Claire Moulène (Libération)

À propos de Agnès Abastado
Agnès Abastado est cheffe du service du développement numérique de l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie (EPMO). En collaboration avec ses équipes, elle conçoit, développe et diffuse l’offre multimédia et numérique des deux musées, in situ comme en ligne, pour les collections permanentes, les événements culturels et les expositions, ainsi que pour les dispositifs de médiation à destination des publics. Parmi les projets qu’elle a coordonnés figurent les expériences immersives en réalité virtuelle « Un soir avec les impressionnistes, Paris 1874 » (2024) et « Une statue pour la liberté, le rêve de Bartholdi, de Paris à New York » (à partir de septembre 2026).

À propos de Jérôme Glicenstein
Jérôme Glicenstein est professeur à l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis. Ses recherches portent sur l’art contemporain et sur les pratiques d’exposition. Il est responsable de la rédaction de la revue Marges (PUV). Il est l’auteur de L’Art : une histoire d’expositions (PUF, 2009), L’Art contemporain entre les lignes (PUF, 2013), L’Invention du curateur (PUF, 2015), Insaisissables valeurs (Hermann, 2023) et La Globalisation de l’art contemporain (PUV, 2024). Son prochain ouvrage, Qu’est-ce qu’une exposition ?, paraîtra en 2026 aux éditions La lettre volée. Il a également dirigé Histoire(s) d’exposition(s) / Exhibitions’ Stories, avec Bernadette Dufrêne (Hermann, 2016), ainsi que Questioning Exhibit Display. Theories, Forms, Perspectives, avec Francesca Castellani et Francesca Zanella (Hermann, 2024).

Modération

Claire Moulène

Claire Moulène est journaliste au service culture de Libération depuis 2022. Elle couvre des sujets liés à l’actualité de l’art et à la politique culturelle. Elle a auparavant co-animé les pages arts des Inrockuptibles avec Jean-Max Colard et co-fondé la revue Initiales à l’école des beaux-arts de Lyon. Elle a également été curatrice au Palais de Tokyo, puis en charge du développement culturel de la Fondation d’entreprise Pernod Ricard.

 

À propos des Débats de l’INHA

Le cycle des « Débats de l’INHA », initié en mars 2024, tend à mettre en perspective les enjeux sociétaux contemporains au prisme de l’histoire de l’art. Sous la forme d’un rendez-vous mensuel, chaque dernier jeudi du mois, des historiennes et historiens de l’art, universitaires, conservateurs et conservatrices, chercheurs et chercheuses indépendants, critiques ou artistes sont invités à débattre de sujets choisis en écho à l’actualité la plus récente.

L’intelligence artificielle, la crise écologique, les enjeux des restitutions, les liens entre institutions culturelles et collectifs indépendants, la notion de « préférence nationale », la question de l’enseignement de l’histoire de l’art en écoles d’art, la censure ou encore la représentation du travail… Tous ces sujets ont fait l’objet de précédentes séances, confirmant que l’histoire de l’art, en tant que discipline, peut répondre aux défis de la société actuelle.

En partenariat avec le journal Libération

Programmation
Franny Tachon (INHA)

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