Utopie(s) dans les arts et lieux de l’art des années 1960 à nos jours (Paris, 5 fév. 2027)

Utopie(s) dans les arts et lieux de l’art des années 1960 à nos jours.

Dans son encyclopédie des espérances, Bloch présente certains arts (la peinture, l’opéra, la littérature et la musique) comme les « épures d’un monde meilleur » (Ernst Bloch, 1955, 1959). Ainsi, l’art concourt à l’apparition de l’utopie en y préparant la conscience. Au cœur de la notion d’utopie, des manifestations antérieures à sa création terminologique aux réalisations contemporaines, se trouve une interrogation constante du statu quo social et une proposition de sociétés alternatives. L’utopie s’est développée autour d’une poétique évocatrice qui traverse les disciplines de l’art. La symbolique construite par l’utopie, façonnée à travers des manifestations artistiques, tend à se matérialiser dans son pendant réalisé. Le philosophe Roland Schaer rappelle à ce propos la porosité entre le pendant littéraire – ou plus largement fictif – et les projets utopiques réalisés. Ainsi, « l’utopie est d’une part projection imaginaire dans l’espace fictif, institué par le récit, d’autre part projet de réalisation qui tend à passer dans l’expérience historique, projet qui, en même temps, doit se nourrir de fiction » (Roland Schaer, 2000).

L’objectif de cette journée d’étude est d’examiner l’extension de la pratique de l’utopie, comme genre fictionnel et comme projet, au sein de différentes manifestations artistiques et dans les lieux mêmes de l’art. Il s’agira également d’observer les discours sur l’objet. En effet, l’utopie est considérée dans son aspect transdisciplinaire, aussi bien du point de vue méthodologique que des arts concernés (arts visuels, littérature, musique, spectacle vivant). L’idée de la contemporanéité est constitutive de l’étude, puisqu’il s’agit de comprendre l’évolution et l’actualité de la notion. L’objet des propositions doit être postérieur aux années 1960, qui constituent un renouvellement important de l’utopie à l’aune de sa pénétration dans la critique institutionnelle et de ses échos dans la formation d’une contre-culture. Dans diverses formes artistiques, l’utopie est reconceptualisée pour pousser les limites des institutions bourgeoises, réinventer le rapport entre l’art et le public et participer au bousculement de la société.

La journée d’étude appelle les axes de réflexion suivants :
Axe 1 – Nommer l’utopie : vocabulaire et typologie interdisciplinaire
– épistémologie de la terminologie utopique
– langage partagé entre disciplines
– différences et nuances disciplinaires
– cœur commun du recours à l’utopie

Axe 2 – L’utopie comme dispositif artistique présentant une alternative au monde de référence
– formes de l’œuvre utopique : dispositif littéral / dispositif conceptuel
– évolution et persistance des topoï, notamment les usages de l’espace
– « guerre des imaginaires »
– actualisation des motifs (communautés, émotions, identités, individualités, vivant…)

Axe 3 – Matérialisations utopiques : lieux et pratiques de l’art
– lieux de l’art – projetés, transitoires ou réalisés ; lieux de représentation, de diffusion, d’expérimentation, de pédagogie, de résistance
– pratiques de l’espace et discours « utopiques » dans l’art et l’architecture des lieux d’art
– pratiques expérimentales et modes d’organisation artistiques

Modalités de soumission
Les propositions émanant de chercheur·ses à tous les stades de leur carrière (y compris les doctorant·es) sont les bienvenues, ainsi que celles de artistes et praticien·nes de l’utopie.
Les propositions de communication, rédigées en français ou en anglais, ne doivent pas dépasser 400 mots (hors bibliographie) et doivent être accompagnées d’une brève notice biographique. Elles sont à adresser avant le 20 octobre 2026 à l’adresse suivante :
JE**********@********il.com
Une réponse sera apportée, après examen des propositions, fin novembre.

Comité d’organisation
Clara Cazaubiel (Doctorante en muséologie, CERLIS, Université Sorbonne Nouvelle)
Camille Lucot (Doctorante en littérature comparée, LISAA, Université Gustave Eiffel)
Adrian Wetter (Doctorant en études cinématographiques, THALIM, Université Sorbonne Nouvelle, et Universität Kassel, Allemagne)

Comité scientifique
Antoine de Baecque (Professeur des Universités, Études cinématographiques, ARTS, Ecole Normale Supérieure)
Irène Langlet (Professeure des Universités, Littérature comparée, LISAA, Université Gustave Eiffel)
François Mairesse (Professeur des Universités, Muséologie, CERLIS, Université Sorbonne Nouvelle)

Utopie(s) dans les arts et lieux de l’art des années 1960 à nos jours

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