Appel à communication : « Sculpter à l’étranger. La mobilité internationale des sculpteurs du XIXe siècle et de leurs œuvres » (Gand, 26-27 février 2016)

Statue-de-la-Liberty-Chazelles-Paris-195x300Sculpter à l’étranger. La mobilité internationale des sculpteurs du XIXe siècle et de leurs œuvres

[English version below]

Organisée par le Département d’Histoire de l’art de l’Université de Gand, et par le Département d’Histoire de la KULeuven, Campus de Courtrai.

En collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Gand, la plate-forme de recherche XIX et la ESNA (European Society of Nineteenth-Century Art).

Exposés liminaires de Antoinette Le Normand-Romain (INHA, Paris) et Sura Levine (Hampshire College, Amherst, Massachusetts)

En 1870, la guerre franco-prussienne a conduit le jeune Auguste Rodin et son maître, Albert-Ernest Carrier-Belleuse, en Belgique, où tous deux ont pu décrocher quelques commandes publiques, en dépit des objections relatives à leur nationalité française. Même si la guerre était l’un des motifs les plus évidents pour les sculpteurs de passer la frontière de leur propre nation, les trajectoires transnationales tant de Rodin que de Carrier-Belleuse n’étaient en aucun cas des exemples isolés. L’étude des collections artistiques anciennes et modernes ainsi que les studios des grands maîtres à Paris ou à Rome ont attiré nombre de sculpteurs ambitieux vers l’ancienne et la nouvelle capitale artistique de l’Europe. Les marchés de l’art alternatifs, les commandes publiques ou les possibilités d’exposition ont poussé de nombreux sculpteurs à poursuivre leur carrière à l’étranger, malgré les difficultés que leur statut d’étranger ainsi que leur encombrante discipline dans un pays étranger peuvent avoir engendrées. En outre, pour leurs revenus les sculpteurs dépendaient, probablement encore plus que les peintres, des commandes publiques, et ils ont donc été plus souvent obligés d’étendre leur domaine de travail artistique vers l’étranger. Cependant, la contribution des sculpteurs étrangers aux commandes publiques prestigieuses a fréquemment suscité des réactions hostiles de la part des artistes nationaux, qui se sentaient menacés par la concurrence internationale.

Lors de cette conférence de deux jours, des orateurs sont invités à réfléchir à propos de la mobilité transnationale des sculpteurs, et sur les implications de celle-ci pour les artistes et leur art tout au long du XIXe siècle. Au cours de ce siècle, la création des États-nations a coïncidé avec une attention toujours croissante pour les artistes, les commissaires, les vendeurs, les acheteurs et les critiques d’art. L’impact de la nationalité du sculpteur sur sa perception et son (auto-)façonnage, de même que sa mobilité au travers des frontières, reste ambigu. D’une part, il/elle était encouragé(e) d’aller étudier à l’étranger, et honoré(e) pour ses succès internationaux. D’autre part, cependant, il/elle était censé(e) représenter le pays et exprimer dans son œuvre l’identité, les caractéristiques et les traditions nationales.

Cette conférence veut aborder le rôle de la critique d’art, du marché de l’art, des expositions, de l’éducation, des commandes publiques, etc., pour les sculpteurs dans un contexte international, et les implications vis-à-vis de leur cadrage en tant que (inter)national. Les participants sont invités à réfléchir sur les implications théoriques et/ou pratiques de la (trans)nationalité, des voyages et de la mobilité culturelle sur les sculpteurs du XIXe siècle et leur œuvre.

Les communications peuvent comprendre les sujets suivants, mais n’y sont pas limitées :

  • Les échanges transnationaux (à la fois entre les centres et les périphéries).
  • La mobilité internationale des sculpteurs et des sculptures.
  • Préjugés et protectionnismes fondés sur la nationalité.
  • Le rôle de la nationalité dans les réseaux.
  • L’annonce et l’organisation des commandes publiques et des concours internationaux.
  • L’impact de l’expérience et de la reconnaissance à l’étranger sur la réputation et la stature nationales.
  • Les débats sur et la critique des « écoles nationales » dans la sculpture.
  • Le « lobbying » national et l’opportunisme dans l’attribution des commandes publiques.
  • L’utilisation de la nationalité dans les stratégies et l’auto-façonnage des sculpteurs.
  • Motivations commerciales ou artistiques de la mobilité internationale.
  • Mouvements aux méta-/macro-/microniveaux des sculpteurs et des sculptures.
  • La pratique artistique opposée à la théorie de la sculpture.
  • Gendre et mobilité dans les pratiques de la sculpture

Nous vous invitons à faire des propositions de communications de 20 minutes. Veuillez envoyer un résumé de 300 mots et une brève notice bibliographique (de 150 mots au maximum) au format PDF à sculpture.conference@ugent.be au plus tard pour le 1er octobre 2015.

Gand, 26-27 février 2016.
Date limite pour les propositions : 1er octobre 2015.

Informations supplémentaires sur: www.sculptureconference.ugent.be

Comité d’organisation: Marjan Sterckx (Université de Gand, Belgique), Linda Van Santvoort (Université de Gand, Belgique), Cathérine Verleysen (Musée des Beaux-Arts, Gand, Belgique), Tom Verschaffel (Université de Louvain, Belgique), Jana Wijnsouw (Université de Gand, Belgique)

Comité scientifique: Saskia de Bodt (Université d’Utrecht et Université d’Amsterdam, Pays-Bas), Mayken Jonkman (Netherlands Institute for Art History (RKD)), Sura Levine (Hampshire College, Amherst, Massachusetts, États-Unis), Inga Rossi-Schrimpf (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles), Marjan Sterckx (Université de Gand, Belgique), Francisca Vandepitte (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles), Linda Van Santvoort (Université de Gand, Belgique), Cathérine Verleysen (Musée des Beaux-Arts, Gand, Belgique), Tom Verschaffel (Université de Louvain, Belgique), Alison Yarrington (Université de Loughborough, Royaume-Uni)

Ce symposium émane du projet de recherche « In search of a national (s)cul(p)ture. Belgian sculptors abroad and foreign sculptors in Belgium » (« À la recherche d’une (s)cul(p)ture nationale. Les sculpteurs belges à l’étranger et les sculpteurs étrangers en Belgique ») (2012-2016), financé par le BOF (Fonds spécial de recherche) de l’Université de Gand.

 


 

Ghent, 26-27 February 2016.
Deadline proposal: 1 October 2015.

Sculpting abroad. International mobility of nineteenth-century sculptors and their work.

Organized by the Department of Art History, Ghent University, and the Department of History, KULeuven Campus Kortrijk.
In collaboration with the Museum of Fine Arts, Ghent, ESNA (European Society of Nineteenth-Century Art) and research platform XIX.

Keynote presentations by Antoinette Le Normand-Romain (INHA, Paris) and Sura Levine (Hampshire College, Amherst, Massachusetts)

 

In 1870, the Franco-Prussian War drove the young Auguste Rodin and his master Albert-Ernest Carrier-Belleuse to Belgium, where they both acquired some public commissions despite objections against their French nationality. Even though war was perhaps one of the most radical reasons driving sculptors beyond the borders of their own nation, the mentioned transnational trajectories of both Rodin and Carrier-Belleuse were by no means isolated or coincidental incidents. The study of old and new collections of art, as well as the studios of renowned masters in Paris or Rome attracted many aspiring sculptors to the old and new artistic capitals of Europe. Alternative art markets, commissions or exhibition opportunities activated many sculptors to pursue a career abroad, despite of the difficulties their foreignness, and their bulky discipline in a foreign country might have implied. Additionally, sculptors were, probably even more so than painters, dependent on commissions, and therefore often obliged to travel to provide for their revenues. The presence of foreign sculptors on large construction sites, or their involvement in prestigious public commissions, however, often led to hostilities by native colleagues, who feared for their positions and possibilities, when confronted with skilled foreign competition.

During this two-day symposium, speakers are invited to reflect upon the subject matter of the transnational mobility of sculptors and the implications for these artists and their art during the long nineteenth century. In the course of this century, the creation of nation-states coincided with an increasing international focus by artists, their commissioners, sellers, buyers and critics. The impact of a sculptor’s nationality on his reception and ‘imaging’, as well as their mobility across borders remain ambiguous. Sculptors were regularly encouraged to study abroad, and recognized for their experience and success beyond the borders of the own nation. Simultaneously, however, they were often expected to represent the nation, and showcase the own ‘national school’ with its peculiar properties, and extending from the own national tradition.

This conference aims to address the role of art criticism, the art market, exhibitions, education, commissions etc. for sculptors in an international context, and the implications for their (inter)national or local identity. Participants are invited to reflect on the theoretical and/or practical implications of (trans)nationality, travel and cultural mobility on nineteenth-century sculptors and their work.

Papers may include but are not limited to the following topics:

  • Transnational exchange (both between centres and peripheries), internationalism of sculptors and their work.
  • Travel and mobility of sculptors and sculptures.
  • Nationality, nationalism, and the development of nationhood in relation to the development of sculpture.
  • Prejudice, or even rejection, due to a sculptor’s foreign nationality.
  • Transnational friendships between sculptors, or hostilities because of their nationality
  • National or international appeal of public commissions and competitions announced abroad.
  • The impact of foreign experience and recognition on the national reputation and ‘imaging’ of a sculptor.
  • Discussion and reviewing of foreign sculptors and ‘sculpture schools’ in foreign, national and local press.
  • The ambiguous, sometimes opportunistic attitudes of sculptors in league of commissions and recognition towards their own nationality.
  • The construction of ‘national schools’ in sculpture in relation to a local/national/international tradition.
  • Comparisons of different ‘national sculpture schools’, and the question whether it is possible to distinguish a national style for sculpture in the first place.
  • Mechanisms of international influencing in nineteenth-century sculpture.
  • Identity and ‘national schools’ and the arts, notably sculpture.
  • Commercial or artistic drivers of mobility for sculptors.
  • Movement at meta/macro/micro levels of both sculptors and sculptures.
  • Artistic practice vs. theory in sculpture.
  • Gender and mobility in the practice of sculpture.

We invite proposals for papers of 20 minute duration. Please send a 300 word abstract and brief biographical statement (max 150 words) attached in PDF to sculpture.conference@ugent.be by no later than October, 1, 2015.

For more information see: www.sculptureconference.ugent.be

Organizing committee: Marjan Sterckx (Ghent University), Linda Van Santvoort (Ghent University), Cathérine Verleysen (Museum of Fine Arts, Ghent, Belgium), Tom Verschaffel (University of Leuven, Belgium), Jana Wijnsouw (Ghent University, Belgium).

Scientific committee: Saskia de Bodt (University of Utrecht and University of Amsterdam, The Netherlands), Mayken Jonkman (Netherlands Institute for Art History (RKD)), Sura Levine (Hampshire College, Amherst, Massachusetts, USA), Inga Rossi-Schrimpf (Royal Museums of Fine Arts of Belgium, Brussels), Marjan Sterckx (Ghent University, Belgium), Francisca Vandepitte (Royal Museums of Fine Arts of Belgium, Brussels), Linda Van Santvoort (Ghent University, Belgium), Cathérine Verleysen (Museum of Fine Arts, Ghent, Belgium), Tom Verschaffel (University of Leuven, Belgium), Alison Yarrington (Loughborough University, UK).

This symposium originates from the research project ‘In search of a national (s)cul(p)ture. Belgian sculptors abroad and foreign sculptors in Belgium’, funded by BOF, Ghent University.

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