Eugène Fromentin, des Arts et des Lettres

« Eugène Fromentin, des Arts et des Lettres: cent-cinquante ans après, le génie d’une œuvre »

 Université de Lorraine, Nancy (CLSH, salle G04), les 4-5 juin 2026

Comité d’organisation :

Pascal David (UCLy, Lyon) pd*****@************on.fr

Michèle-Amélie Favre (LOXO, Lyon) ma******@**xo.fr

Alain Guyot (UL, Nancy) al*********@***********ne.fr

Yvon Le Scanff (UL, Nancy) yv************@***************le.fr

Sarga Moussa (CNRS / THALIM Paris) sa**********@**rs.fr

Comité scientifique :

Philippe Antoine (UCA)

Anne-Simone Dufief (Univ. d’Angers)

Pierre-Jean Dufief (UPN)

Marie-Hélène Girard (UPJV / Yale Univ.)

Martine Lavaud (Univ. d’Artois)

Michael Vottero (DRAC Bourgogne-Franche-Comté)

Fromentin, à la fois peintre et écrivain, historien de l’art et voyageur. Un nom que l’on connaît, que l’on croise au détour d’une salle dans les plus grands musées, ou d’une page d’anthologie de la littérature française, et un titre passé à la postérité parce qu’il est considéré comme celui de l’un des plus « grands romans » : Dominique. Mais qui s’intéresse encore à l’auteur d’Un été dans le Sahara ? Eugène Fromentin (1820-1876), figure célèbre du Second Empire, admiré aussi bien par Théophile Gautier que par Delacroix, par George Sand que par Flaubert ou Baudelaire, par Proust que par Claudel ou Gide, laisse une œuvre aussi bien picturale que littéraire de première importance que le moment est venu de redécouvrir.

2026 marque le 150e anniversaire de la mort de Fromentin (1820 – 1876). Si le centième anniversaire de sa mort a été célébré par un colloque important, qui a rassemblé les grands noms des études fromentiniennes d’alors (de Barbara Wright à Guy Sagnes et Anne-Marie Christin), aucune étude d’envergure, collective et pluridisciplinaire, ne lui a été consacrée depuis lors. Cependant, à titre individuel, des travaux sont menés, des articles sont régulièrement publiés et, surtout, des admirateurs passionnés, hors de toute raison académique, le relisent, le revoient, se rendent à La Rochelle, s’arrêtent un moment dans le petit cimetière de Saint-Maurice, devant les tombes de Léocadie et de la famille Fromentin, parcourent l’Aunis pour essayer sur eux-mêmes l’effet de certaines influences de ce pays « plat, pâle, fade et mouillé » auxquelles il était lui-même assujetti, avec ce secret désir d’établir avec lui mille rapports d’intelligence et de sensibilité. C’est pourquoi nous voulons saisir l’occasion de cet anniversaire pour revenir sur l’œuvre considérable de cet artiste majeur, ses sources et sa postérité : les récits de voyage, Un été dans le Sahara (1854) et Une année dans le Sahel (1858), mais aussi les textes du voyage à l’île de Ré, les carnets des voyages en Égypte, en Belgique et en Hollande, ainsi que quelques belles pages des Maîtres d’autrefois (1876) ; Dominique (1862), roman unique, dernier des grands romans « personnels » du romantisme ; la critique d’art et cette histoire de l’art si pénétrante, du premier article sur le Salon de 1845 jusqu’aux Maîtres d’autrefois, à la veille de sa mort ; toute l’œuvre picturale, depuis Une ferme aux environs de La Rochelle, exposée au Salon de 1847, et surtout Une rue à El-Aghouat, Lisière d’oasis pendant le « siroco » ou La Chasse au héron, les centaines de tableaux et de dessins d’une œuvre d’orientaliste et de paysagisme qui marque le passage d’Ingres et Delacroix à l’école de Barbizon et au-delà, jusqu’aux confins de l’abstraction, en passant par les tentatives de renouvellement, après les voyages en Égypte et à Venise, et l’inspiration antiquisante des Centaures et centauresses, saluée par Odilon Redon ; sans oublier l’immense correspondance, pour partie encore inédite, qui nous fait entrer dans l’intimité d’un homme qui a su imposer sa vocation d’artiste, qui fonde l’essentiel de sa pratique – « peintre en deux langues » – sur le travail de la mémoire et des émotions, les sons, les couleurs et les odeurs, pour vivre, vraiment vivre, avec détermination. Car « la vie n’est facile pour personne, excepté pour ceux qui l’effleurent sans y pénétrer » (Dominique).

Programme

4 juin, 14h

Introduction

– Pascal David (UCLy, Lyon) : « L’inouï de vivre (sur les manières d’écrire de Fromentin) »

– Yvon Le Scanff (UL, Nancy) : « Fromentin : de l’impression à l’expression »

– Véronique Magri (UCA, Nice) : « Présentation et exploitation de la base de données Fromentin »

Discussion et pause

4 juin, 16h30

– Marie-Hélène Girard (UPJV, Amiens / Yale Univ.) : « Fromentin et la Ronde de nuit de Rembrandt (Les Maîtres d’autrefois) »

– Christine Peltre (Unistra, Strasbourg) : « L’orientalisme de Fromentin vu par la critique des Salons »

– Michael Vottero (DRAC Bourgogne-Franche-Comté, Dijon) : « La peinture de genre sous le pinceau et la plume d’Eugène Fromentin »

Discussion

5 juin, 9h

– Federica Locatelli et Monica Lucioni (UNIVDA, Aoste, Italie) : « Le style en négatif d’un absent : Une année dans le Sahel »

– Guy Barthèlemy (Grenoble) : « Un été dans le Sahara, au rebours des “scènes et types” »

Discussion et pause

5 juin, 11h

– Adrien Bodiot (UCP, Cergy-Pontoise) : « La réception d’Un été dans le Sahara »

– Malgorzata Sokolowicz (Univ. Varsovie, Pologne) : « Des “liens […] pour m’attacher à l’intimité des lieux”. Une autobiogéographie algérienne d’Eugène Fromentin : entre texte et image »

Discussion et pause

5 juin, 14h

– Sarga Moussa (CNRS / THALIM Paris) : « Un acheteur compulsif et mélancolique. Fromentin en Égypte (1869) »

– Catherine Ménager (USN, Paris) : « Fromentin selon Du Camp : éloge d’un colosse aux pieds d’argile »

Discussion et pause

5 juin, 15h30

– Michel Viegnes (UNIFR, Fribourg CH) : « Paysages intérieur et extérieur dans Dominique »

– Bernard Gendrel (UPEC, Créteil) : « Le jeu des tonalités dans Dominique »

Discussion et conclusion.

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