Antoine GALLAY: Sébastien Le Clerc (1637-1714). Art et science à l’aube des Lumières, Genève, DROZ, « Bibliothèque des Lumières », 2026.
Pages :760
Collection :Bibliothèque des Lumières
ISSN :1660-5829
Numéro :103-13 :978-2-600-06719-5
Distribution :Droz
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PRESENTATION :
Sébastien Le Clerc (1637-1714), l’un des graveurs les plus célèbres et les plus prolifiques de son temps, se distingue également par une carrière exceptionnellement riche et diversifiée. Après s’être essayé à la cartographie et à la poliorcétique à Metz, il s’installa à Paris pour intégrer la manufacture des Gobelins. Reçu ensuite à l’Académie de peinture et de sculpture, il s’employa à démontrer la dignité de la gravure en revendiquant un statut égal à celui des peintres. En parallèle, il rédigea plusieurs ouvrages de fortification et de géométrie pratique avant de se tourner vers l’optique, l’architecture et la cosmologie. Son atelier, fréquenté par de nombreux curieux, devint peu à peu un lieu de sociabilité savante. En examinant l’entrelacement inédit de ces différentes pratiques, Antoine Gallay explore dans cet ouvrage les rapports complexes entre arts et savoirs à l’aube des Lumières afin d’éclairer les conditions d’émergence de notre propre conception dichotomique de l’art et de la science.
SOMMAIRE
Remerciements
Abréviations
Avertissement
– Introduction
– Chapitre premier. L’apprenti orfèvre devenu graveur
– Chapitre II. Le géomètre
– Chapitre III. Le graveur au service de la couronne
– Chapitre IV. Le graveur parmi les savants
L’abandon de l’entreprise théorique : des ambitions intellectuelles bafouées ?
Le dessinateur et ses collaborateurs
Du Cabinet du roi aux entreprises privées
Les logiques de collaboration et les relations entre graveurs
Les pratiques de collaboration et leurs résultats
Un graveur dirigeant les travaux de la couronne : un statut controversé ?
Le Clerc et la production métallique pour la couronne
La fabrication du livre des Médailles sur les principaux événements du règne entier de Louis le Grand (1702) : l’échec du graveur ?
Les Grandes conquêtes du roi (1683-1687), et la querelle entre Van der Meulen et les graveurs de l’Académie
Le graveur et ses amateurs, ou la fabrication de la valeur artistique L’émergence du goût pour l’œuvre complet au xviie siècle
Un large réseau d’amateurs
Séduire les amateurs : de l’usage des dédicaces au marché des premières épreuves
La quête de la totalité, ou la célébration de l’artiste
La gravure, un art à l’égal de la peinture
La gravure d’histoire, le costume et la construction d’un art savant
« Ramasser en peu de place une infinité de choses », ou le moyen d’exprimer la spécificité de la gravure
– Chapitre VI. Le perspectiviste. L’enseignement de la perspective à l’Académie de peinture et de sculpture : un exercice périlleux
De la perspective à l’optique : le Discours touchant le point de veue (1679) et son contexte
La formulation des limites du modèle perspectif par Huret
La vision binoculaire, ultime argument contre l’illusionnisme de la peinture
La théorie de la vision monoculaire démontrée par l’emploi du modèle de la pyramide visuelle
Le discours à l’épreuve de la pratique de la perspective
Les moyens de justifier empiriquement la réalité de la vision monoculaire
Contre Descartes : le traité d’un savant ou celui d’un peintre ? La réception du Discours : comment appréhender le fonctionnement de la vision binoculaire après Le Clerc ?
La disparité binoculaire : une tache aveugle au sein des théories de la vision ?
Contre la vision monoculaire : la solution empirique de Chérubin d’Orléans
Deux positions irréconciliables : la dispute avec Bernard Lamy, ou l’évidence empirique face à la démonstration géométrique
– Chapitre VII. Le philosophe
La pratique pédagogique face à l’entreprise théorique : le Traité d’architecture (1714)
La démission de la charge de professeur à l’Académie de peinture et de sculpture
Du manuel didactique au traité théorique : la valorisation du goût personnel comme critère de jugement
L’architecture, science universelle ou partie des beaux-arts ? Le cas du traitement des corrections optiques
La fréquentation des savants : entre recherche de prestige et émulation intellectuelle
De l’atelier au cabinet de physique
Curieux d’estampes ou amateurs de curiosités ? Les divers intérêts des visiteurs de Le Clerc
Du graveur à l’homme de lettres : le cercle de Matthieu-François Geoffroy et les amitiés savantes de Le Clerc
Une activité littéraire prudente : les premières publications dans le Journal de Trévoux (1704)
Du Nouveau système du monde (1706) au Système de la vision (1712) : les ambitions du savant
Ni la terre, ni le soleil : un système vraisemblable en dépit des apparences
Une physique mosaïste : la place de l’Écriture sainte dans le traité de Le Clerc
Un « nouveau » système ? Les origines du projet
Le projet de faire système : la mécanique corpusculaire comme principe premier, du Projet du système de l’air (1704) au Système de la vision (1712)
Le rôle des images en physique et leurs limites
– Conclusion
D’un mythe à l’autre : l’artiste universel et le génie singulier
La pluralité des fonctions de l’image
L’art et la science, entre travail vertueux et plaisir du divertissement
Annexe 1. Chronologie
Annexe 2. Additions et corrections à l’inventaire des œuvres de Le Clerc conservées à la Bibliothèque nationale (IFF)
