Journée d’études de la revue Marges : « L’art public en exposition »

Journée d’études de la revue Marges : « L’art public en exposition » (Paris, INHA, 17 octobre 2026)

L’histoire de l’exposition est inséparable des lieux traditionnellement dédiés à sa présentation, qu’il s’agisse des salons, des musées, des galeries ou des centres d’art. Dans cette histoire institutionnelle, qui s’écrit depuis déjà quelques décennies, un pan demeure largement méconnu : celui des expositions d’art organisées temporairement dans l’espace public. Celles-ci sont pourtant innombrables à l’échelle internationale, leur essor – au mitan du vingtième siècle – tenant aussi bien à des facteurs politiques et économiques que sociaux et culturels. Si des expositions en plein air sont organisées dès le 18e siècle, à Paris notamment avec l’Exposition de la Jeunesse, et que les jardins publics sont, à la fin du siècle suivant, un lieu privilégié pour la présentation temporaire de la sculpture, c’est après la Seconde Guerre mondiale qu’un tournant significatif se manifeste. Face à l’urgence de reconstruire les villes et dans le sillage d’un projet profondément politique de démocratisation de la culture, des expositions à ciel ouvert sont portées par les pouvoirs publics, au nom d’un nouvel idéal de Leisure Culture. Cette dynamique se traduit par au moins deux retombées : la fondation de parcs de sculptures conçus comme des espaces d’exposition permanents, d’une part ; la multiplication d’expositions artistiques temporaires au cœur des villes, d’autre part. Prenant un caractère événementiel, les expositions d’art public sont tantôt organisées dans le cadre de manifestations internationales à caractère politique (expositions universelles, Jeux olympiques, etc.) ; tantôt programmées par des musées ou des foires internationales sous la forme d’événements « hors les murs » ; tantôt encore portées par des collectivités territoriales à travers l’organisation de festivals, de parcours dans la ville ou de promenades urbaines, prenant au fil du temps une forme récurrente (biennales, triennales, décennales). Depuis une vingtaine d’années, elles s’inscrivent également au cœur de programmations artistiques estivales dont les enjeux se révèlent parfois inattendus, comme en témoigne l’exposition annuelle Monaco Sculptures, dont l’aboutissement consiste en la mise aux enchères des œuvres présentées.
Que recouvre cette « festivalisation » de l’art public ? Quels en sont les enjeux du point de vue des politiques culturelles, et à qui ces expositions profitent-elles ? Quels formats et quelles pratiques curatoriales mobilisent-elles, et quelles contraintes spécifiques à l’espace public impliquent-elles ? Que subsiste-t-il de ces expositions ? Observe-t-on des dynamiques de pérennisation ou, au contraire, l’éphémère sert-il avant tout à « animer » ponctuellement la ville ou ses alentours dans une logique événementielle ? Quelles formes d’appropriation et de réaction les expositions et autres parcours d’art urbain engendrent-ils ? Comment le politique se positionne-t-il face à ces manifestations inscrites dans l’espace commun, quels discours y développe-t-il et pour quelles raisons ? De quelle manière ce rapport s’est-il transformé au fil du temps ?
Programme :

Samedi 17 octobre 2026 à l’INHA, salle Walter Benjamin,  2 rue Vivienne, 75002 Paris (Métro Bourse)

9h30 Introduction Julie Bawin (historienne de l’art, professeure, Université de Liège)

9h50  « L’exposition temporaire d’art public à New York. De la démocratie culturelle à l’économie de l’attention (1967-2025) » Pascale Saarbach (historienne de l’art, chercheuse au LARHRA, Université Grenoble Alpes)

10h20  « Genève : Sculptures en ville » (1974) : une exposition controversée dans l’espace public » Guillaume Pause (historien de l’art indépendant)

10h50 Discussion avec le public
11h10-11h30 Pause

11h30 Les expositions d’art public en ruralités : de l’écrin patrimonial aux espaces vivants en interdépendance avec leurs milieux » Marie-Laure Viale (historienne de l’art et de l’architecture, professeure, École des Beaux-arts de Nantes Saint-Nazaire)

12h La sculpture publique en environnement marin : un défi pour la création et la monstration Claire Barbillon (historienne de l’art, professeure, directrice de l’École du Louvre)

12h30 Discussion

Pause déjeuner

14h15 « La Biennale se salit les mains : exposition, espace public et participation sociale à Venise » Anita Orzes (historienne de l’art, chercheuse postdoctorale, Universidad Autónoma à Madrid)

14h45 « Le Parlement des Corps de la documenta 14. Vers un concept politique du public de l’exposition » Louise Décaillet (doctorante en études théâtrales, Université de Bochum)

15h15 Discussion

15h35 « Faire et faire durer les œuvres. Ce que la maintenance révèle de l’évènementialisation de l’art public » Clara Ruestchmann (anthropologue, maîtresse de conférence, Université du Littoral Côte d’Opale)


16h10-16h30 Discussion et clôture de la journée

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