Appel à contributions : Joaquin Ferrer. Transculturations artistiques (Journée d’étude)

Date limite d’envoi des candidatures : 15 avril 2026
Date de la journée d’étude : 12 octobre 2026
Lieu de la journée : Maison de l’Amérique latine, 217 bd Saint-Germain, 75007 Paris
Institutions organisatrices : Centre allemand d’histoire de l’art (DFK Paris), Sorbonne Université, Maison de l’Amérique latine
Organisation : Olivier Belin, Julia Drost, Anne Husson, Elodie Vaudry

En 1940, l’anthropologue cubain Fernando Ortiz publiait son ouvrage Contrapunto cubano del tabaco y el azucar dans lequel il analyse la « transculturation » de l’identité des Cubains au regard de l’Afrique. Cette journée d’étude propose de tisser le fil de cette transculturation cubaine sous le prisme de l’artiste peintre Joaquin Ferrer. Né à Cuba en 1928, il décide de rejoindre la France en 1959 où il sera naturalisé en 1979. Son exil et la nostalgie de son île ont traversé, avec des degrés variés, une partie de sa production ; il croquait ses souvenirs cubains, notamment ses échanges avec Wifredo Lam et cultivait, à Paris, ses amitiés concitoyennes avec les artistes Agustin Cardenas et Jorge Camacho. Tout au long de sa carrière, le peintre développait un réseau transdisciplinaire avec des poètes comme Alain Bosquet, Lionel Ray, Henri Michaux ou encore Claude Esteban, avec des artistes surréalistes comme Miró, Max Ernst ou encore l’inclassable Roberto Matta. Ses toiles ont été exposées au musée d’art moderne de Paris, à la Galerie du Dragon, mais aussi au Point Cardinal, à la galerie de Seine, à la Galleria Continua ou encore à la galerie Albert Loeb pour ne citer que des exemples parisiens. Ses œuvres voyagent en Allemagne, en Italie, au Danemark, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis et bien évidemment en Amérique latine. Son atelier, sa collection et sa bibliothèque se font le reflet de ce dialogue  avec des cultures extra-européennes et vernaculaires, dans un univers peuplé d’objets africains, asiatiques, latino-américains ou encore du folklore français.

Se réunir autour de l’étude de l’œuvre et de la figure de Joaquin Ferrer revient donc à étudier un réseau de marchands, de commissaires, d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes sur la scène artistique européenne, pendant plus de soixante ans. Nombre de personnalités de la sphère de Joaquin Ferrer restent encore peu connues des spécialistes alors même qu’elles pourraient nourrir les travaux en sciences humaines, dans une perspective plus large. L’« identité-rhizome » de Joaquin Ferrer nous conduit, justement par ces connexions horizontales, sur la trame ortizienne de la transculturation ; elle nous invite à prendre de la hauteur pour interroger plus largement la place des artistes latino-américains dans le discours artistique et littéraire de l’Europe, voire même questionner les notions de modernité, d’art contemporain européen et d’hybridité comme processus de réarticulation des cultures [Diane Aymard, « Hybride et hybridation en période de “Post-”  , dans Contextes, actes du colloque 1989, hors-champ de l’architecture officielle, Paris-Malaquais, École nationale supérieure d’architecture, 2022, p. 54] sous la triple focale transatlantique : Amérique latine, Afrique, Europe.

Cette journée d’étude se veut transdisciplinaire, internationale et ouverte aux questionnements qui traversent les sciences humaines, notamment par l’intégration de plus en plus profonde des cultures latino-américaines et africaines. Les propositions des interventions pourront, sans que ce soit exhaustif, traiter de ces axes :

  • Joaquin Ferrer, sa vie et son œuvre
  • Les liens entre Joaquin Ferrer et la littérature : collaborations, réception, échanges
  • Ses œuvres sur le marché de l’art international
  • Les acteurs et médiateurs au cours de sa carrière (galeristes, commissaires, intellectuels, artistes, etc.)
  • Le surréalisme et l’Amérique latine
  • Les objets collectionnés d’artiste
  • L’exil comme discours plastique
  • Le questionnement de concepts artistiques européens impropres en Amérique latine et inversement

Cette journée d’étude va de pair avec l’exposition qui aura lieu à l’espace Lympia à Nice en 2027.

Modalités de soumission

Cette journée d’étude s’adresse aux chercheur.euses de toutes les disciplines des sciences humaines, aux artistes et jeunes chercheur.euses, doctorant.es et masterant.es. Les personnes intéressées sont invitées à soumettre des propositions de communication (300 mots maximum, en français, en anglais ou en espagnol) qui s’inscrivent dans l’un des axes proposés ou en croisent plusieurs. Les approches transversales sont particulièrement encouragées. Le fichier doit comporter : le titre de la communication, le nom et le prénom de l’auteur.e, l’affiliation et l’adresse email, le résumé, 5 mots-clés, une courte biographie de l’auteur.e. Nom du fichier : NOM. Prénom. Titre de la communication. Les participant.es sont appelé.es à envoyer leur proposition aux adresses emails suivantes, avec en objet « Journée d’étude J. Ferrer » :
o.belin@wanadoo.fr, jdrost@dfk-paris.org, elodievaudry@gmail.com.

Date limite d’envoi des résumés : 15 avril 2026. Les propositions seront évaluées en mai. Aucun frais d’inscription n’est exigé. Les frais de transport et d’hébergement pourront être pris en charge totalement ou partiellement selon le nombre de participant.es.

Indications bibliographiques

  • Alain Bosquet, “Visite à Joaquín Ferrer”, Combat, 26 avril 1965 ; “Peinture pas morte”, Combat, 7 mai 1968 ; “Litanie pour une année défunte”, Combat, 3 janvier 1969 ; “Maîtrise de Joaquin Ferrer”, Combat, 24 mai 1971 ; “La pureté de Joaquin Ferrer”, Combat, 6 mars 1972 ; “Les folles architectures de Joaquin Ferrer”, Combat, 1er avril 1974 ; “Joaquin Ferrer, la pureté du dépassement”, Le Quotidien de Paris, 7 décembre 1989.
  • Claude Esteban, “L’espace assiégé”, Argile, n° VI, Maeght, Paris, 1975, repris dans Par-delà les figures. Écrits sur l’art, 1964-2006, Strasbourg, L’Atelier contemporain, coll. “Essais sur l’art”, 2024.
  • Serge Fauchereau, Juan Manuel Bonet, Alain Rouquié (dir.), Joaquin Ferrer, catalogue de l’exposition (Paris, Maison de l’Amérique latine, 30 mai – 9 septembre 2017), Paris, éd. Hermann, 2017.
  • “Hors des doctes ténèbres”. Roberto Matta, Joaquin Ferrer, Jorge Camacho, José Luis Cuevas, Saul Kaminer, Pancho Quilici, sous la dir. de Serge Fauchereau, cat. exp. (Paris, Galerie Thessa Herold), printemps 1999.
  • Joaquin Ferrer. Axes. Peintures et gravures 1970-1971, Paris, Le Point Cardinal, 1971.
  • Henri Michaux, Viseux, Joaquin Ferrer, Paris, Le Point Cardinal, 1972.
  • Joaquin Ferrer. L’arbre voyageur, peintures récentes, Paris, Le Point Cardinal, 1977.
  • Joaquin Ferrer et Tout est resté bleu, Bruxelles, Le Salon d’Art – Epsilon Gallery, 1992.
  • Joaquin Ferrer. La capitale du vertige, texte de Alain Bosquet, Bruxelles, Epsilon Gallery, 1988.
  • Lionel Ray, Joaquin Ferrer. L’imaginaire absolu, Quimper, éd. Palantines, 2001.

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