Séminaire : « Autour de Friedrich Kittler »

archéologie des médias1

Rodney Graham, Rheinmetall / Victoria-8, 2003, production still © Rodney Graham. Courtesy Hauser & Wirth

5e séance du séminaire « Archéologie des médias et histoire de l’art »

Séminaire de recherche du programme « Art contemporain et cinéma » organisé en partenariat avec l’université Paris 3, avec Siegfried Zielinski (Universität der Künste Berlin) et Arnaud Maillet (université Paris-Sorbonne)

  • Frédérique Vargoz, Université Grenoble 2 : Les média, machines de chiffrement et de décryptage chez Friedrich Kittler Pour Friedrich Kittler, c’est à partir de la théorie de la communication de Shannon, qu’il faut penser de manière élargie le concept de médium. Ce qu’il y a de commun au livre et au télégraphe, à la radio et au cinéma, à la télévision et au radar, sans parler de l’ordinateur, c’est qu’ils codent, et/ou décryptent, le réel. Et que le code est d’autant plus efficace qu’il ne prend pas en considération le sens du message transmis.

    Avec les média techniques (dans leur opposition au médium symbolique qu’est l’écriture), ce qui se joue est la manipulation et la disparition du réel derrière son chiffrement. Si les arts et les media ont toujours été, d’une certaine manière, des créateurs d’illusions sensorielles, les média techniques sont les administrateurs d’une série de conversions qui brouillent (au sens militaire du terme) notre perception de la réalité.
    Que nous révèle le rapprochement entre les média artistiques ou de divertissement et les technologies militaires ? Tout est-il codable ou déchiffrable ? Autant de questions qui nous permettront d’interroger l’originalité de l’approche kittlérienne des média.Frédérique Vargoz est professeure de philosophie dans le secondaire, traductrice, et doctorante. Ses recherches portent sur l’archéologie des média. Elle a traduit et co-préfacé un recueil de deux conférences de F. Kittler (Mode protégé, à paraître aux Presses du réel, collection Labex H2H) et travaille actuellement à la traduction de l’un de ses ouvrages majeurs Grammophon, Film, Typewriter (à paraître aux Presses du réel).

  • Emmanuel Guez, ESAA : De la vie et de la mort des œuvres d’art médiatiques. Sur l’exposition « Une archéologie des médias » L’exposition « Une archéologie des média » (20 mai – 28  juin 2015, Seconde Nature, Aix-en-Provence) interroge la vie et la mort des œuvres d’art médiatiques, et notamment numériques. Ces œuvres, créées pour Minitel, Amiga, pour le Web ou l’Internet des objets ne sont pas qu’images, sons ou textes, mais aussi des programmes, des interactions homme-machine, des innervations médiatiques, des composants électroniques, des câbles, de l’énergie. Jamais l’art n’a été aussi dépendant des stratégies industrielles et économiques. Qu’en est-il alors de la préservation de ces œuvres ? Les écosystèmes médiatiques obéissent non pas à une histoire continue, mais à des cycles, à des motifs récurrents, formant, sur le temps long, une succession de strates temporelles, discontinues et profondes, où un

    imaginaire médiatique peut resurgir de manière inattendue.  Les œuvres sont-elles alors, à l’instar des média morts, recyclables ? Possèdent-elles une capacité de réémergence ? Le PAMAL (Preservation &
    Art – Media Archaeology Lab) se penche sur l’émergence et l’obsolescence des œuvres d’art médiatiques et numériques. Il cherche à mieux comprendre les mutations de leurs écosystèmes, au plus près de leurs matérialités.

    Emmanuel Guez est artiste, théoricien des média, commissaire d’exposition et enseignant.
    Il est directeur du PAMAL (Preservation & Art – Media Archaeology Lab) à l’ESA d’Avignon.

  • Jeff Guess, École nationale supérieure d’arts Paris-Cergy : « Team Spirit » (communication en anglais)Dans cette lecture performée et illustrée, il s’agira d’évoquer les sports de compétition — là où s’éprouvent les limites physiques du « soi-disant Homme » (selon la formule de Kittler) — et leur interdépendance croissante avec des algorithmes utilisés pour prendre des décisions stratégiques, améliorer les performances, alimenter des jeux de « fantasy league » et créer pour les « fans » de sport des expériences symbiotiques avec les écrans géants vidéo placés dans les stades. Des journalistes robotiques fourniront un commentaire.

    Jeff Guess est artiste et professeur des nouveaux médias à l’École nationale supérieure d’arts Paris-Cergy. Il co-dirige, avec Gwenola Wagon, le projet de recherche Media Mediums, qui explore l’archéologie des médias de communication à distance et les liens qu’ils entretiennent avec des phénomènes spirites et psychiques. Le projet a donné lieu à un séminaire, un site, une exposition, 20 publications, et une série d’événements. Un livre bilingue sera publié aux Presses du Réel courant 2016.

  • Pascal Rousseau, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : « Optical Brain » Dans Optische Medien (1999), Friedrich Kittler poursuit son archéologie des médias et de la vision en soulignant notamment le rôle joué par les modes de transmission électrique de l’information. C’est sur ce paradigme que nous reviendrons, en le resituant dans une histoire parallèle des modélisations photo-électriques du fonctionnement de la pensée à l’âge moderne.

    Pascal Rousseau est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne, spécialiste des avant-gardes historiques et des débuts de l’abstraction. Il a été notamment commissaire des expositions « Robert Delaunay » (Centre Pompidou, 1999) et « Aux origines de l’abstraction. 1800-1914 » (Musée d’Orsay, 2003). Il prépare actuellement une exposition sur les liens entre arts visuels et cultures psychiques, intitulée « Cosa mentale. Art et télépathie au XXème siècle » (Centre Pompidou, Metz, octobre 2015/mars 2016).

 

12 juin 2015 – 10h-13h30
Galerie Colbert
Salle Walter Benjamin
Institut national d’histoire de l’art
entrée libre

Accès : 2, rue Vivienne
75002 Paris

 

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Leave a Reply