Conférence : « Les objets dans l’œuvre de Camille Henrot » par Anne-Marie Bonnet (Paris, 23 septembre 2015)

Camille Henrot, Est-il possible d’être révolutionnaire et d’aimer les fleurs ?, 2012, InstallationAnne-Marie Bonnet (Université de Bonn), Objectologie – Objectographie – Objectosophie. Les objets dans l’œuvre de Camille Henrot. 

Camille Henrot articule ses installations à base d’une accumulation, prolifération d’objets en tous genres orchestrés selon différents systèmes tout à la fois subjectifs, intellectuels, scientifiques. À l’aide de son installation Pale Fox (2014-2015), développée à partir du film Grosse Fatigue, mon intervention propose une tentative d’analyse des catégories d’objets, de leur rapports entre eux, en tant qu’outils de définition-redéfinition et mise en questions des catégories intellectuelles, subjectives du voir et du savoir occidentaux.
L’accumulation d’objets — comme stratégie spécifique de Camille Henrot —  s’avère en fait une narration complexe ayant rapport à des sujets anthropologiques, historiques, scientifiques, poétiques, théologiques, etc., explorant le cycle de la création (de la vie humaine, de l’univers, artistique). La science, l’intuition, le savoir autant que la superstition ou la philosophie sont les stratégies auxquelles les objets servent, résistent ou qu’ils sabotent.

Anne-Marie Bonnet occupe la chaire d’art de la Renaissance aux 20e-21e siècles (Art Moderne et Contemporain), à l’Institut d’Histoire de l’Art de la Friedrich-Wilhelms-Université de Bonn. Elle a suivi des études des germanistique et d’anglais à Aix-en-Provence (1971-1974), puis d’histoire de l’art, de romanistique et germanistique  à Heideberg (1975-1981). Elle a soutenu son doctorat en histoire de l’art sur la création d’un nouveau langage pictural au 13ème siècle lors de l’apparition de la littérature profane (1981). Après avoir été assistante à l’Institut d’histoire de l’art de Munich (Chaire Belting) (1981-1991), elle a soutenu son habilitation sur l’invention du nu chez Dürer et sa réception dans la peinture renaissante allemande (1992). Elle fut professeur d’histoire de l’art à L’Université de Leipzig (1993-1996), de Fribourg (1996) puis de Bonn, où elle enseigne depuis 1997. Elle est également commissaire d’expositions.

 

Conférence dispensée dans le cadre du  séminaire Arts & sociétés.

23 septembre 2015, 17h-19h
Centre d’histoire de Sciences Po

Salle du Traité
56 rue Jacob

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