Appel à contributions : « Grèce(s) » (Histoire de l’art, n° 86)

Appel à contributions pour le numéro 86 de la revue Histoire de l’art

Grèce(s)

2021 marque le bicentenaire de la révolte des Grecs qui aboutit au terme d’une longue guerre à l’indépendance du pays : la Grèce naît alors comme nation moderne et le romantisme, en particulier en France, en fait un de ses thèmes de prédilection, emporté dans un vibrant mouvement philhellénique. La commémoration ne doit toutefois pas cacher qu’il fut et qu’il est d’autres Grèces, de l’Antiquité à nos jours. Aussi le thème de ce numéro est-il décliné au pluriel, car la construction de l’art grec à l’époque moderne n’est qu’un des phénomènes considérés ici. C’est la pluralité des constructions de la Grèce dans l’art qui fait l’unité de la collection d’études et d’essais que nous attendons.

Commençons par la Grèce à l’antique, une Antiquité réinventée à l’époque moderne. Les chefs-d’œuvre de l’art grec sont alors définis par « une noble simplicité et une grandeur sereine (edle Einfalt und stille Grösse), aussi bien dans l’attitude que dans l’expression », pour citer Winckelmann, qui ne mit jamais le pied en Grèce. Cette reconstruction de la référence antique est l’une des facettes de cette invention de l’art grec.

Mais voyons l’Antiquité même, telle que des sources nouvelles l’éclairent : elle aussi inventait ses références à l’art grec dans un monde élargi par la conquête d’Alexandre. Dans la ville nouvelle d’Alexandrie, un poète venu de Macédoine, Posidippe, dont la plupart des poèmes, sur papyrus, ont été publiés il y a une vingtaine d’années, se jouait des allusions à deux courants esthétiques, le culte des jeunes héros de Polyclète et la reproduction par Lysippe des tares de l’âge, de la vérité de la vie. Il s’agit en effet, dans notre revue toute entière consacrée à l’histoire de l’art, d’en dégager les lignes de force en inscrivant les documents dans une approche historique.

Les travaux de ces dernières années ont souligné la vitalité artistique de la Grèce moderne et contemporaine, dans sa  production architecturale ou picturale (avec par exemple les monographies consacrées à Théodore Ralli ou Costis Parthénis), et approfondi  les relations établies avec les modernités européennes , en étudiant à nouveau la notion de Méditerranée.

Considérons aussi la Grèce hic et nunc à la dernière Documenta, qui sous le mot d’ordre « Learning from Athens » s’exportait pour partie dans cette ville et voyait, en retour, les collections du musée national d’art contemporain grec (EMST) exposées au Fridericianum à Kassel. Les récents bouleversements que le pays a connus étaient au cœur  de la manifestation.

Nous attendons que ce numéro se signale par la richesse des approches de l’art grec, avec toute l’ouverture que nous venons de donner à cette notion plurielle. On ouvrira, pour toutes les époques, le spectre géographique : il est des arts grecs ailleurs qu’en Grèce propre, ce qui induit une réflexion sur les phénomènes d’interculturalité. On considérera Constantinople et Byzance aussi bien que l’ailleurs de la Grèce de nos jours, dans une quête de la pluralité.

Les synopsis d’une page (ou synopseis, pour parler grec) comprenant l’indication de l’article choisi ainsi que l’angle de vue qui sera retenu pour son commentaire, et une courte biographie de l’auteur, sont à adresser à revueredachistoiredelart@gmail.com pour le 15 janvier 2020 au plus tard. Le Comité de rédaction étudiera les propositions envoyées. Les projets retenus feront l’objet d’articles à remettre pour le 15 mai 2020.

 

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