Journée doctorale : « Habiter l’espace : territoire(s) et délimitation(s) de soi » (Dijon, 14 mars 2013)


A la confluence des disciplines du Centre Georges Chevrier, cette journée a pour objectif d’ouvrir un dialogue sur l’espace entendu comme lieu de vie et de projection mentale, considéré dans sa dimension anthropologique et sociale.
Comment les individus définissent-ils leur espace ? De quelle manière cette délimitation influe-t-elle sur le comportement des individus et des communautés ? Réciproquement, quels peuvent être les ressorts subjectifs qui président à l’aménagement des espaces publics et privés ?
Cette journée sera conçue comme une traversée de territoires – notion que l’on entendra dans sa plus vaste extension – au sein desquelles les subjectivités se déploient et participent à créer autant d’« intérieurs », de collectifs et d’échanges. Questionné à différentes échelles, le territoire sera ainsi envisagé tant dans la perspective de son rôle pour la construction de l’identité que dans sa fonction d’agent politique de premier ordre.

PROGRAMME

Mathieu FONTAINE, doctorant en philosophie – Espace et pouvoir chez Michel Foucault.

L’espace et le pouvoir sont complices à plus d’un titre ; d’une part, c’est l’espace que le pouvoir investit, informe et organise : territoires, architectures, et jusqu’à l’épaisseur d’un corps. D’autre part, les relations de pouvoir ne peuvent être connues que par le recours à des notions et à des métaphores spatiales – peut-être parce que le savoir lui-même, indique Foucault, fonctionne comme le pouvoir. Nous voudrions éclaircir cette complicité à l’aide de deux exemples principaux : d’une part, le geste étrange qui exclut le fou en l’enfermant, d’autre part, celui qui dispose les corps à la forme-prison dans nos sociétés.

Pierre MAGNE, doctorant en philosophie Le moi, la maison et ses dehors.

Depuis la fin du XIXe siècle, nous vivons une crise radicale de l’habitation. Dans leurs entassements de logements standardisés, les villes modernes abritent désormais des individus anonymes arrachés à leur lieu d’origine et coupés de leurs liens traditionnels. Les penseurs qui s’en inquiètent défendent le modèle de la maison traditionnelle qui recueillait l’histoire d’une famille et s’intégrait à une communauté villageoise lovée dans un lieu naturel. Selon eux, elle permettait la constitution d’un moi privé clairement distingué de la nature et des autres et par là même susceptible de se rapporter sereinement à eux. Nous voudrions discuter cette idée selon laquelle le moi a besoin de fonder son rapport au monde et aux autres sur la possession d’un chez-soi. La maison et ses délimitations matérielles sont-elles au fondement de la vie subjective ? Comment celui qui est sans demeure se rapporte-t-il au monde et aux autres ? Peut-on concevoir la possibilité d’un mode d’habitation futur qui ne serait pas séparateur et possessif ?

Aleksandra STANCZAK, doctorante en histoire de l’art – Espace urbain, espace de vie – entre réalité et représentation.

Cette communication s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur le modèle et la symbolique de la cartographie au XXe siècle. Nous y présenterons le travail d’artistes contemporains, qui se sont penchés sur l’espace urbain et proposent de le reconsidérer à travers ses modèles cartographiques. Inspirés par la psychogéographie – la théorie dont l’apparition dans les arts visuels est liée à la création du Situationnisme International – ces artistes désignent la ville comme un terrain d’interactions et de relations humaines, oscillant entre réalité et représentation. La diversité des approches ainsi que la participation active des habitants à l’enjeu de la création cartographique, transforment l’action artistique en un événement social. Les cartes collectives permettent de découvrir la manière dont l’espace public est défini par ses acteurs et transforment ainsi l’image traditionnelle d’une ville en lui imposant un nouvel ordre de lecture. A la pluralité des perspectives répondent aussi les œuvres plus personnelles qui invitent à retracer les traversées sensibles du territoire.

 

Seconde séance des TRANSVERSALES, les journées doctorales du Centre Georges Chevrier, organisée par les doctorants de l’Université de Bourgogne.

Organisateurs : Marine Kisiel, Armelle Weirich (doctorantes en histoire de l’art), Christopher Lapierre (doctorant en philosophie).
Invitée : Manola Antonioli, philosophe, professeur à l’ENSA de Dijon et chercheuse associée au laboratoire HAR de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Jeudi 14 mars 2013
14h-18h
Maison des Sciences de l’Homme – salle des séminaires.
Université de Bourgogne – Esplanade Erasme, Dijon (21000).

Contact : armelle_weirich@etu.u-bourgogne.fr
Site internet du Centre Georges Chevrier

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