Colloque : « La Musique au risque de l’image »

A la suite du colloque consacré en novembre 2009 au geste du musicien, ce colloque se donne pour objectif une étude plus spécifiquement centrée autour des questions de représentation. Il n’est que de considérer les infinies déclinaisons du paradigme de sainte Cécile, ou le caractère quasiment systématique de la représentation du musicien dans les grammaires visuelles de Nicolas de Staël ou de Marc Chagall pour se convaincre de l’importance du motif du musicien au long de l’histoire de l’art. Plus près de nous, nul ne songerait à remettre en cause l’alliance de la photographie et du jazz, devenus quasiment consubstantiels.

La représentation du musicien ne met pas seulement en question le geste de l’artiste, et donc la précision technique du peintre, ou la capacité du photographe à saisir l’instant fécond, mais engage de multiples enjeux théoriques.
Dans une perspective sociocritique, ce colloque se propose d’aborder la constitution de l’image du musicien à travers les arts, depuis l’invention d’un corpus visuel du musicien au Moyen-Age, comme la suggèrent les travaux de Martine Clouzot, jusqu’au portrait du musicien inspiré au siècle des Lumières. Les recherches consacrées à l’image du jazzman afro-américain, dont témoignent par exemple la thèse récente d’Eric Gonzales, indiqueront également une des voies de recherche aux participants.

D’un point de vue économique, la fabrication de l’image du musicien, du chef d’orchestre ou du soliste, au travers des affiches, des pochettes ou livrets qui accompagnent les enregistrements, ou des films documentaires constitueront également l’un des objets de ce colloque. Enfin la captation du geste musical, telle que proposée par le documentaire cinématographique ou télévisuelle occupera une part importante des travaux.
De même que le colloque de novembre 2009, les organisateurs auront à coeur de donner à la parole aux jeunes chercheurs, issus de l’Ecole Normale supérieure, ou encore en scolarité, autant qu’à des universitaires plus chevronnés.

A titre d’information, on peut suggérer un certain nombre de pistes de réflexion  :

– L’oeuvre particulière d’un peintre ou d’un photographe

– Le traitement particulier d’un instrument, d’un musicien, d’un motif musical par un réalisateur, un peintre, une maison de disques, un photographe.

– L’étude d’un motif (geste, sujet, orchestre) dans une perspective diachronique.

– Les enjeux théoriques, visuels, voire auditifs, de la représentation.

– Le musicien imaginaire dans l’histoire de l’art (du violoniste de Sempé au portrait de Mozart, de la peinture au cinéma)

Colloque organisé par le département d’histoire et théorie des arts de l’Ecole Normale Supérieure, 29-30 avril 2011 par Françoise Zamour.

Source : http://www.fabula.org/actualites/la-musique-au-risque-de-l-image_38971.php

Leave a Reply